Spectacles de contes

Ti Sonson et le trésor de la Caraïbe

2012-06-10 11.54.17-1Conte créole
Auteur : Mona Georgelin
2012

 

 

 

 

Au delà des voix de la mer
au-delà du coeur des étoiles
et de toutes les voiles du monde
voici l’oiseau du plus beau chant
Liberté ! Ô Liberté !
Yélévé ! Freedom !
Yélévé !

Joby Bernabé
Démaré, “Anges de Terre Brûlée”

 

(Extrait…)

Yé krik !
Yé krak !

C’est une histoire qui s’est passée il y a très longtemps, à l’époque où des marginaux parcouraient la mer des Caraïbes à la recherche de fabuleux trésors. Il n’étaient plus aussi nombreux qu’à l’âge d’or de la piraterie, mais quelques irréductibles avaient décidé de poursuivre leur quête de richesse et d’aventures. L’esclavage avait été aboli dans les colonies françaises en 1848, mais les ouvriers agricoles souffraient toujours de déplorables conditions de travail.

Dans une des îles de la Caraïbe vivait un jeune garçon qu’on appelait Ti-Sonson. Ses parents étaient très pauvres, ils étaient obligés de travailler depuis le lever du jour jusqu’au coucher du soleil dans les champs de canne à sucre pour nourrir tant bien que mal leurs six enfants. Le soir ils étaient tellement épuisés qu’ils se couchaient aussitôt avalé leur maigre repas. Leur seule distraction était les soirées qui avaient lieu sur l’habitation un samedi sur deux – car à cette époque les ouvriers agricoles recevaient leur paye chaque quinzaine – et ils appréciaient ces rassemblements où l’on dansait et chantait au son du tambour pendant quelques heures.

Mais le retour à la réalité était bien difficile. Ti-Sonson était tellement triste de voir ses parents user leur santé au travail !

Lorsqu’il eut 12 ans, il intégra l’équipe des coupeurs de canne.  Avec un coutelas, chaque coupeur devait trancher la tige de la canne au ras du sol, tandis qu’une femme le suivait pour rassembler des paquets qu’elle amarrait avec des feuilles.  Ti-Sonson faisait équipe avec sa mère. Plusieurs fois par jour il lui disait : « Manman, ay chèché dlo ba mwen, an teleman swèf ! » (Maman, va chercher de l’eau pour moi, j’ai tellement soif !). Mais sa mère n’était pas dupe, elle savait qu’il faisait cela pour qu’elle se repose un peu, alors elle lui répondait : « An nou travay Ti-Sonson, nou ké bwè pli ta ! » (Continuons de travailler Ti-Sonson, nous boirons plus tard).

Alors il inventa d’autres stratèges pour que ses parents travaillent moins. Comme il devenait de plus en plus costaud, il se dit que s’il arrivait à couper plus de cannes à sucre que les autres, il gagnerait beaucoup d’argent qui servirait à nourrir sa famille. Il avait mis au point une technique : armé de son coutelas il prenait son élan et d’un coup sec et rapide « Djoup ! » il tranchait le pied de la canne. Mais cela ne suffisait pas, car même s’il était devenu le meilleur d’entre les meilleurs coupeurs de cannes, ils continuaient de vivre dans la pauvreté. Alors Ti-Sonson se fit une promesse : « Lorsque j’aurai 15 ans, je trouverai une solution, je partirai à l’aventure, et je reviendrai riche ! ».

Yé krik !
Yé krak !
La cour dort ?
Non, la cour ne dort pas !

(… Fin de l’extrait)

Retrouvez l’histoire de Ti-Sonson et le Trésor de la Caraïbe, dans une mise en scène contée, dansée et chantée.
Avec

Amédé Nwatchok
Nathanaël Magen
Stéphane Simon
Mona Georgelin
Ti-Popote